Décembre 1959. Le pays Martinique se débat entre un passé qui ne veut pas mourir et une modernité balbutiante. La misère est profonde. Pendant ce temps, les deux géants que sont les U.S.A. et l'U.R.S.S. se livrent une guerre sans merci appelée "guerre froide", mais qui en réalité n'est qu'une sale guerre. Ce duel à distance n'est pas sans conséquence pour les petits pays.
A la Martinique, département français depuis 1946, un colonialisme farouche et sans imagination se déchaîne. Certaines libertés fondamentales ne sont pas respectées. C'est dans ce contexte historique qu'interviennent les événements dramatiques de décembre 1959 et l'assassinat de trois jeunes Martiniquais BETZI, MARAJO et ROSINE par l'armée française.
Dans "Le sang du mancenillier", André LAGIER dresse un réquisitoire sans complaisance contre la société des années 50, société dans laquelle une oligarchie, obnubilée par ses privilèges de castes et de classes, maintient sous l'éteignoir une jeunesse qui ne demande qu'à vivre. Cela, Julien, jeune Franciscain, élève brillant du lycée Schoelcher, ne peut l'accepter. Son mentor, maître Rémy, lui a inculqué la haine de l'injustice sous toutes ses formes et la nécessité pour chacun de s'investir dans le combat contre toutes les barbaries.
Dans ce roman, l'auteur, tel un peintre, dresse une série de tableaux très réalistes des différents aspects de la vie dans une petite ville du Sud de l'île, l'événement majeur n'étant en définitive qu'une des composantes de cette fresque, l'un expliquant l'autre, l'un justifiant l'autre.
Après "Le Sommeil des Dieux", dans lequel l'auteur s'est intéressé au drame de l'esclavage, André LAGIER fait un bond d'un siècle dans le temps et relate les glissements douloureux d'une société qui se débat et ne sait comment, sans rien céder, entrer dans la modernité.
Roman -158 pages |